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Expo Baume-les-messieurs


Exposition
au logis abbatial
de Baume-les-Messieurs
.
(39)
pour  le 1100e anniversaire
de la fondation de  l'abbaye de Cluny (71)
 Expositions visitables tous les jours
 jusqu'au 18 octobre 2009, de 11h à 18h.
 Entrée gratuite.
expositions proposées par le Conseil général du Jura :
 - "L'abbaye de Baume-les-Messieurs, mère de Cluny"
 - " Josette Coras / Baume-les-Messieurs : une rencontre",
 - installations
Isabelle Jobard "Le lien / le lieu"
Agnan Kroichvili "Une présence absente"
(également dans l'église abbatiale).
 






compléter la visite de ces expositions
par la visite guidée de l'abbaye
proposée par la commune de Baume.




Communiqué de presse


www.juramusees.fr

Parcours


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« Une présence absente »

 

 

L

’exposition s’intègre dans le cadre de la célébration des 1100 ans de la fondation de l’abbaye de Cluny. Cette proposition, fait suite à la demande de Madame Marie Jeanne Lambert (Conservateur en chef du patrimoine du Jura) pour marquer cet anniversaire clunisien.

 

En découvrant les petits bonshommes exposés à Arinthod (dans le cadre de l’expo Traces autour de Paléomania) elle crût y reconnaître les moines fondateurs de Baume.

 

Ils seront donc 910 reliés par un fil qui les unit. Ils seront 910 pour symboliser la date de la fondationde l’Abbaye de Cluny.

 

Tous ces bons hommes ne sont -ils pas un acheminement vers la parole?

"Aucune chose ne soit là où le mot faillit" dit le poète Stephan Georg.

Ils sont en effet comptés et recomptés pour entrer dans ce cadre distinct. Chacun est nommé et porté à la lisière de notre pays.

 

Ne sont-ils pas le chemin, ce fil qui fait passer Agnan au-delà de la physique, pour marcher avec la prudence et la charité de l’Aquinate, exposant ainsi l'homme à la hauteur de sa fin véritable ?

 

Ils sont nommés, la preuve est faite, ils sont vivants et ils s’animent dans l’histoire. Ils sont appelés à Baume en mémoire des moines de l’abbaye, et dans leur mouvement cycloïde, ils marquent le chemin vers Cluny pour cette célébration. Ils provoquent le souvenir, ils sont le chemin qui nous a conduits en ces lieux.

 

Ils sont 910 sur ce chemin, parvenus dans les vastes proportions des lieux de prière. « Leur lumière se lèvera t-elle comme le soleil? » (Isaïe), pour exposer l'absence? 

 

 

 

 

U

ne autre question, dès lors se pose : comment évoquer ces moines, les convoquer à cet anniversaire ?

 

« Là où j’en étais de ma recherche, je fus très vite attiré par les sept dalles funéraires, de l’allée collatérale gauche, relevées entre 1874 et 1877, me rappelant celles de Lancharre près de Chapaize qui m’avaient fortement impressionné. Les écritures, aussi, si présentes en périphérie des dalles, sur le tombeau de l’ermite Renaud et le trumeau portant le nom de l’abbé Aubri. L’idée de réaliser 13 toiles par impression ayant pour matrice les dalles funéraires de l’abbaye se fit jour…13 toiles qui figurent les13 moines fondateurs. (7 moines de Baume dont l’abbé Bernon et 6 de Gigny). »

 Agnan  KROICHVILI

 

Les toiles deviennent ainsi un surgissement de ces dalles funéraires levées, dressées. Elles sont une surrection, une élévation.

 

Les toiles sont exposées sur chacun des piliers aux bases circulaires, puis carrées, et octogonales. Elles s'érigent comme une re-surrection, évocation de la porte, du chemin, du passage à travers ces toiles monumentales, d’abord noires au seuil et qui s'éclairent progressivement au fur et à mesure de notre déambulation vers la lumière du transept.

 

Nous voilà tendus vers un dépassement, appelés à l'impossible qui nous fait humain, interpellés vers une sortie par le haut à la rencontre de ces absents tellement présents dans cette évocation et ces lieux.

 

 

 

 

          « C’est de cette première maquette que tout va naître …

    Un support en carton plume utilisé comme plan de découpe lors de la réalisation d’une fresque en 2007 lors des journées du patrimoine à Le Grand Serre (église St Mamert 26). Les cercles ainsi dessinés à la pointe du cutter et leur chevauchement m’évoque les rosaces, arcatures et autres figures géométriques. Sa vision nous ramène à l’illustration du songe de Gunzon (abbé de Baume associé par la légende à la construction de Cluny III). Ce songe de corde et de coude donnant la mesure, nous rappelant la divine proportion, le nombre d’or auquel le format des toiles répond. La matière et les couleurs rappellent là encore les dalles funéraires suspendues comme des bannières visibles dans les processions. De la même manière la forme centrale évoque le motif des stalles et des fenêtres dans son contour. »

 Agnan KROICHVILI

 

Chacune des toiles est en effet une montée vers la lumière, du noir aux tons de gris pour aboutir à l’absence, la couleur écru de la toile au centre, vers la lumière de l’absent et des absents que nous savons présents ici.

Faut-il remarquer que lors de cette « visite » des toiles, notre déambulation rencontre le jeu des lumières de l’architecture, des fenêtres en arrière plan , jeu d’ombre et de lumière.

S’agit-il d’une contingence ou d’une rencontre ?

 

Q

ui sont ces petits bonshommes déjà inscrits dans une longue histoire, quelle est leur généalogie ?

« Ils apparaissent dans ma peinture en 1992, suite à un imprévu pictural qui m’amène sur cette trace particulière inédite source de leur création. Puis leur régénérescence contrainte par mon attachement se stoppe. Leur renaissance en 1994 avec pour fonds des papiers kraft colorés me conduit au pochoir, permettant de réactiver la forme évidée, l’absence, et ainsi à provoquer le dédoublement, la multiplication. De plus cela m’invite  à les peindre directement et à me soustraire au collage, mais le résultat escompté se fait attendre, nouvel arrêt. Puis en 1998, après maintes reprises ce travail rejaillit .Le photocopieur me donne la possibilité d’un jeu supplémentaire : les 2000 pour l’an  2000, accrochés sur les murs de l’atelier dans un premier temps, exposés entre autre au Musée de Pierre de Bresse et visibles actuellement au Musée de l’art en Marche à Lapalisse pour un certain nombre, et cette autre partie exposée aujourd’hui ici à Baume.

Me voilà à me souvenir…

 de l’exposition « ce qui reste d’humanité » en 2002 Galerie Gérard Chomarat à Lyon et les deux tours reconstituées avec 1200 figures de ces bonshommes,

 des journées du patrimoine en 2001 annulées après le 11 septembre,

d’un autre 11 septembre en 2005 où j’accrochais 1461 bonshommes comme autant de jours de ces quatre ans passés après que l’on m’eut proposé d’exposer dans les tours… du prieuré de Manthes (site clunisien).

Nous voilà 8 ans plus tard, avec ce XI ème centenaire et quelle n’est pas ma surprise de voir sur Internet que ce sera le 11 septembre le jour de l’inauguration comme en 1910, il y 100 ans, une programmation sur 3 jours. J’étais résolu à les exposer, sans savoir pourquoi mais tant de corrélations font signe. » Agnan KROICHVILI

 

Traversons ensemble

 

Agnan KROICHVILI Artiste peintre                                                   Dominique BOTHOREL  Collectionneur



 

   Devant l’incertitude de la date de fondation nous avons choisi 910 plutôt que 909

  Saint Thomas d’Aquin

 

  A voir également

 

 



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La relève                                          21 mars 2009   2h25



Certes ce n’est pas cette ville

Qui l’a vu naître.

À ce moment là, elle était bien trop jeune

Bien trop frêle de ses fondations.

La préoccupation en ce temps

Provisoire de paix

Était plus tournée vers l’art de la guerre

Qu’à la reconnaissance d’une naissance,

Trop de plaies à panser.

Ce qui n’était alors qu’un village

Garde encore quelques traces de cette histoire

Mais la page est tournée, le camp désaffecté.

À relire de ce qui vient de ce passé

Sans retenue aucune,

On comprend bien que ce qui nous reste

Ne provient pas de ceux happés,

Brutalement et cruellement par la guerre,

Mais de ceux qui ont construit autour

Pour les ravitailler, les assoiffer, les coiffer aussi.

C’est dans ce monde, tout ici rassemblé,

Venant de toute part, au milieu de ce campement

Qu’est né ce garçon.

Bien d’autres naissances ont eu lieu

Mais celle-ci est bien plus illustre.

Le petit bonhomme a traversé la place de la mairie

Dans sa diagonale pour se rendre à l’école.

Il  a vu les baraquements du camp

Il  a vu son père revenir de la guerre

Il a vu les casiers des œufs du grand-père, coquetier.

De tous ces alignements, on peut retrouver la trace

Dans les actes écrits qui accompagnent sa vie,

Mais on peut aussi les percevoir dans ce que lui, a laissé :

Une trace en peinture

Dont le vide effraie parfois, ce vide qui est notre plein.

Trop plein de souffrances dans un monde à l’agonie

Trop plein des souffrances des êtres chers perdus.

Il nous invite sur cette table rase

Par le vertige qu’elle provoque

À reconstruire, en quelques lignes

En quelques signes

Le monde de demain.

Plus qu’une date, qu’un général

Ou un fait de guerre à retenir

Voici un espace de paix intérieur

Qui peut, bien plus que ce passé

Et ces silences faire bonne figure,

À condition de ne pas rater la chance de cet héritage.

Il était de ce village, Sathonay Camp

Jean DEGOTTEX.

Il est encore temps de le reconnaître

Moins de cent ans plus tard

Mémoire à faire savoir.

 

 

 

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