La crise sous le gâteau 21 décembre 2008 5h 10 mm
On aurait tendance à voir rouge
En ce temps de crise.
Mais, il est bien long ce temps de crise
Où l’on s’en va pourtant toujours en rêvant
Cueillir cet an neuf
Beau comme un sou neuf.
On ne sait plus qui du merle moqueur
Ou du gai rossignol écouter
Ça dépend de l’oreille qu’on prête.
Dame fortune, elle, a toujours bon cœur
Quand il s’agit de sauver les meubles.
Oui, mais pas pour ceux d’en bas de l’échelle
Que fouette en plein visage cette récession
Qu’on peine à nommer.
La plaie ouverte avait déjà un goût amer.
Il n’est pas sûr que le souvenir qu’il garde au cœur
Ne renferme que la douleur
Sans que ne reflue la rancœur.
Mais il est bien loin ce temps de crise
On n’en voit plus la fin
Rengaine ou rançon
On connaît la chanson
Qui n’use pas que les souliers.
Et l’on ne peut écourter le propos
Sans parler de ces fermetures
Qui sous prétexte d’infortune
Écartent les gouttes de sueur versées
Au capital
D’une manière à nulle autre pareille.
Coupe sombre de l’appareil
Laissant présager, à la lueur de l’événement
Gouttes de sang, chagrins et peines cruelles
Pendant de ce temps.
Reverrons-nous le temps des cerises
Sur le gâteau
Hélas, sifflées par quelques merles moqueurs.