Cluny I-II-III 03 mars 2009 3 h
En ce temps là
Ils partirent sûrement à pied
Ces quelques moines
Pour mettre un autre pied à terre
De Baume à Cluny en passant par Gigny
Et préluder à pied d’œuvre
Ce qui devint si grandiose
Et les dépassa en pied,
En temps et en heures.
Pendant des générations donc
Ils se dépensèrent sans compter
De piédroit en piédestal
De piéta en piété
Pour édifier de plain pied, au fur et à mesure du temps,
Ce qui fut en peu de temps,
Le temps d’une révolution
Réduit en pièces,
En somme épierré contre monnaie trébuchante
Des pierres de taille taillées en pièces.
Des pièces sans autre conviction
Que le pouvoir qu’elles rapportent
Et qui rapportent en conséquence.
Monument d’un temps
Contre quelques émoluments.
Il fallut presque mille ans après JC
Avant que la première pierre
Ne soit posée en prière au nom des apôtres Pierre et Paul.
Il en fallu plus de mille supplémentaires
Pour que viennent à nous ces fondations.
Cent ans de plus
Jusqu’à ces heures où tout s’écroule
Dans un monde de pièces montées
De toute pièces
Dont le piéfort sert désormais de modèle
À notre liesse.
Qu’allons-nous faire mille ans encore après cela ?
Puisque nous voilà au pied du mur
Prisonniers de la tête aux pieds.
Le temps nous mesure
Sans cesse
Il nous lie
Pieds et poings
Avec ce savoir, sans le savoir
Il nous épie,
Surcharge impitoyable à notre décharge
Au temps du recyclage qui nous échoit
En attendant que tout rentre dans l’ordre.